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Les pays qui composent le Sahara et leurs particularités

Oubliez les classements mondiaux qui dorment au fond des rapports : l’Environmental Performance Index 2016, publié par l’Université de Yale, décortique sans détour l’état de notre environnement et la santé publique à travers la planète. Cette étude s’attarde sur l’agriculture, la biodiversité, la gestion de l’eau, les forêts, le climat, l’énergie, la pêche, les risques sanitaires et la qualité de l’air. Derrière les chiffres, des histoires de progrès et de dérives se dessinent.

Certains signes vont dans le bon sens, et il serait malhonnête de les passer sous silence :

  • Sur la dernière décennie, une majorité de pays a vu son environnement et ses conditions sanitaires progresser. Les avancées les plus notables ? Elles se situent dans les nations en développement, notamment en Afrique subsaharienne, grâce à des investissements massifs dans l’accès à l’eau, l’hygiène de base ou l’énergie.
  • Le nombre de personnes privées d’eau potable a pratiquement été divisé par deux depuis 2000. Davantage de ressources financières, des politiques de santé publique mieux ciblées, et voilà que des millions de vies basculent du côté de la sécurité. Pourtant, la réalité persiste : plus de 500 millions d’êtres humains n’ont toujours pas accès à une eau propre.
  • La surface des terres protégées s’est accrue, et la planète semble prendre plus au sérieux la question des espaces naturels. Aujourd’hui, 15 % des terres émergées bénéficient d’un statut protégé. Cela dit, la qualité de cette protection laisse à désirer. Les zones à la biodiversité la plus riche ne sont pas toujours celles à l’abri, et la disparition des vertébrés se poursuit à une cadence cent fois supérieure à celle des équilibres naturels.
  • L’intensité carbone mondiale affiche une légère baisse : chaque dollar de PIB génère un peu moins de gaz à effet de serre qu’auparavant. Mais attention, le volume global des émissions n’est pas pris en compte ici. Réduire l’intensité, c’est bien, mais il reste à voir si la planète respire vraiment mieux.

Tout n’est pas rose, et plusieurs signaux virent franchement au rouge :

  • La pollution de l’air s’aggrave, et le nombre de décès attribués à ce fléau ne cesse de grimper. C’est le revers de la médaille du développement : plus d’industries, plus de transports, et l’air se charge de toxines. On parle de cinq millions de morts chaque année. En parallèle, les décès dus à l’eau insalubre diminuent, mais pas suffisamment pour compenser cette tendance alarmante.
  • Un tiers des stocks mondiaux de poissons sont soit surexploités, soit en état d’effondrement. Les réserves marines progressent, mais elles ne suffisent pas à garantir la pérennité de la pêche. L’une des failles majeures reste l’absence de surveillance et de contrôle efficaces sur la pêche en haute mer.

La Suède fait figure de modèle

D’après les résultats du rapport, l’amélioration environnementale accompagne souvent l’enrichissement d’un pays et la hausse de son PIB. Mais cette règle n’a rien d’universel. Certains États pétroliers du monde arabe, malgré leur richesse, obtiennent des scores médiocres en matière d’environnement. À l’opposé, des pays nordiques comme la Finlande, l’Islande, la Suède, le Danemark ou la Slovénie trônent en tête des classements pour la protection de la nature et la santé. À l’autre extrémité du spectre, la Somalie, l’Érythrée et Madagascar restent les lanternes rouges de ce palmarès.
Quand les chiffres se taisent, reste une question : sur quelle trajectoire voulons-nous placer notre planète ?