260 millions de voix, de regards, d’histoires. L’Indonésie, géant discret de l’Asie, s’étend sur plus de 17 000 îles, mosaïque humaine dont la diversité dépasse l’imagination. Épicentre de cultures, de langues et de paysages, le pays fascine autant qu’il interroge. Derrière les plages de Bali et la carte postale, une autre réalité se dessine, plus complexe, moins connue, celle de millions de vies confrontées chaque jour à la précarité de l’eau.
Avec un peu plus de 260 millions d’habitants, l’Indonésie figure parmi les pays les plus peuplés du globe. Le surnom de “poumon du monde” lui colle parfois à la peau, porté par des ressources naturelles d’une incroyable richesse. Bali, elle, attire tous les regards et a même raflé la palme de destination phare en 2017, selon Trip Advisor. Pourtant, derrière cette image de carte postale, une donnée heurte : 34 millions d’Indonésiens n’ont toujours pas accès à une eau potable à leur robinet.
Dans les villages reculés du pays, l’eau potable reste un défi permanent. Social Imppakt s’est fixée une mission : transformer ce quotidien, en rendant l’eau propre abordable et durable pour tous, en particulier dans l’est de Bali. Pour les visiteurs, acheter une bouteille ou tourner le robinet n’est qu’un geste banal. Mais pour une part importante de la population locale, boire sans risque reste hors de portée. Le constat laisse sans voix : près de 34 millions de personnes sur l’archipel vivent au jour le jour sans accès à l’eau potable. Cette précarité génère son lot de drames : maladies chroniques, perte de revenus, spirale de pauvreté. Et chaque année, environ 20 000 enfants de moins de cinq ans succombent à des maladies liées à l’absence d’eau propre, comme la diarrhée. Un fléau aussi silencieux que meurtrier.
Pour changer la donne, Social Imppakt mise sur l’accès à une eau saine comme déclencheur de progrès. Ses actions touchent à la santé, mais aussi à l’économie locale : quand les enfants sont moins souvent malades, les parents travaillent plus, et la vie reprend mieux son cours. Cet engrenage vertueux profite à l’ensemble d’une communauté.
L’eau potable n’a rien d’un privilège : c’est un droit pour tous. Là où l’accès à l’eau cesse d’être une menace, tout le quotidien s’améliore. On compte moins de maladies, les enfants grandissent mieux, les adultes gagnent en énergie, l’inquiétude recule. Au centre de la stratégie de Social Imppakt : un filtre à eau simple à installer, moins cher, sans complication technique, qui transforme l’eau du robinet en ressource sûre. Les bénéfices concrets sont multiples : fini le recours permanent aux bouteilles plastiques, ou aux bouilloires énergivores. Résultat, la dépense diminue, l’environnement respire un peu mieux aussi. Derrière ce geste, une autre lutte s’intensifie : limiter la prolifération du plastique. Car ce matériau envahit toujours plus nos mers, et si rien ne change, certains avancent qu’en 2050, on comptera plus de plastique que de poissons dans les océans.
L’action de Social Imppakt s’ancre dans l’est de Bali, notamment autour de Sidemen et Karangasem. Depuis son arrivée en 2013, Jeroen van Overbeek, fondateur du projet, a développé un maillage solide de revendeurs locaux, qui distribuent les filtres tout en générant de nouveaux revenus pour les habitants. Résultat : c’est aussi le tissu économique des villages qui s’en trouve renforcé.
Pour saisir toute la portée de ce projet, il suffit de suivre la trajectoire d’un village qui découvre le filtre à eau pour la première fois. Les familles réalisent rapidement qu’elles dépensent moins, que les enfants tombent moins souvent malades. Les marchés locaux s’animent, le quotidien change de visage. L’impact va bien au-delà de la question de l’eau : il insuffle un nouveau souffle dans toute la région.
La naissance de Social Imppakt, ce n’est pas le fruit du hasard. Porté par un élan volontaire, Jeroen van Overbeek décide de s’attaquer à ce défi dès son installation à Bali, avec la conviction qu’un dispositif sobre, robuste, capable de durer, peut transformer la réalité de milliers de familles.
Note de l’éditeur : Cet article a été écrit le 7 septembre lors de la campagne de financement participatif lancée pour récolter 50 000 euros, afin d’équiper trois villages et 25 écoles en filtres à eau, dans l’est de Bali où la situation demeure critique. Une initiative qui a déjà permis à l’un des donateurs de remporter un séjour à Bali, mais surtout, qui continue encore aujourd’hui à porter ses fruits, grâce à l’engagement quotidien de toute l’équipe sur place.
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