On ne s’attend pas à tomber sur un village coupé du monde, là où l’île de Beauté se dévoile sans artifice. Pourtant, Girolata, blotti sur la commune d’Osani, offre une parenthèse hors du temps, accessible uniquement à ceux qui choisissent la mer ou les sentiers. Les compagnies de croisière multiplient les propositions pour découvrir ce hameau corse, à travers une excursion en bateau qui promet plus qu’une simple traversée : un voyage, presque initiatique, entre mer turquoise et falaises escarpées. L’excursion inclut généralement la visite du village, la découverte des fameuses calanques de Piana, une incursion dans la réserve de Scandola et ses grottes cachées. On prend le temps, on s’arrête, on plonge dans une eau limpide pour une baignade qui laisse sur la peau le goût du sel et du soleil.
Girolata : Un village hors courant, fidèle à ses racines
On a beau scruter les côtes corses en quête de changement, certains lieux restent inaltérables. Girolata en fait partie. Ce minuscule village se love discrètement au fond du golfe de Porto, entre Calvi et Cargèse, avec pour tout décor quelques maisons, des gîtes discrets, et des petites auberges où l’on partage une assiette de spécialités. Ici, la modernité s’arrête au seuil du sentier, car on n’y accède qu’à pied ou par la mer. C’est ce qui donne sa force, et creuse l’écart avec la Corse du littoral. Ceux qui souhaitent découvrir Girolata en bateau s’offrent une aventure hors norme, sur les traces d’un village qui a tenu tête au passage du temps. On raconte qu’il n’y a pas si longtemps, le facteur effectuait chaque jour une marche de plus de 7 kilomètres pour apporter le courrier à Girolata, ce qui lui a valu une petite renommée locale, autant pour sa ténacité que pour sa fidélité au village.
Autour du port de Porto, l’excursion se savoure en plusieurs temps : marcher, naviguer, s’arrêter. On goûte l’instant avec un citron pressé, on s’attarde devant un plateau de charcuterie, ou l’on craque pour des beignets de brocciu dorés sur la terrasse d’une paillote. L’évasion prend presque la forme d’un retour aux sources, à mille lieues de l’agitation du continent.
Scandola : Écrin sauvage sur la route maritime
L’aventure commence du port de Porto, où l’attente du départ prend des airs de rituel. On embarque pour deux heures et demie, cap sur la réserve de Scandola, classée à l’UNESCO, avec pour horizon les calanques de Piana. Très vite, la sensation de quitter le quotidien devient palpable : les falaises ocre se dressent, la mer déploie ses reflets changeants, et l’immensité s’impose.
Dans les profondeurs limpides, poissons multicolores, coraux et autres merveilles marines accompagnent parfois la balade. Sur les versants abrupts de Scandola, on surprend le vol d’un aigle royal ou d’un balbuzard pêcheur. Parfois, c’est un groupe de dauphins qui s’invite, glissant juste devant l’étrave dans une chorégraphie hors du temps. Ce bout de littoral, préservé et rude, dévoile la Corse dans sa dimension la plus authentique.
Depuis quels ports peut-on rejoindre Girolata par la mer ?
Pour organiser une virée maritime vers Girolata, plusieurs ports servent de point de départ, chacun avec son caractère :
- Porto-Ota : Dans cette bourgade du sud-ouest, l’appel de la Méditerranée se fait sentir dès le matin. Kayak, randonnée, plongée ou découverte à pied de la tour génoise : le port de Porto fédère tous les amateurs de paysages vigoureux et de patrimoine vivant.
- Calvi : D’un côté, des plages où la lumière s’attarde jusqu’au soir ; de l’autre, les ruelles de la vieille ville, sa citadelle et l’animation des marchés corses. C’est le rendez-vous des vacanciers curieux, tentés par la variété des loisirs et l’énergie locale.
- Ajaccio : Plus grande ville et port majeur de Corse-du-Sud, Ajaccio propose une échappée plus longue, le temps d’une journée en mer, pour relier Girolata. On y prend le rythme, entre longues escales et navigation sans précipitation.
Girolata garde ses distances avec la facilité, et c’est ce qui en fait son pouvoir d’attraction. Les visiteurs qui tentent la traversée repartent avec des souvenirs imprimés, des saveurs et des images qu’on ne range pas tout de suite. Des années plus tard, il suffit d’un parfum d’embruns ou du souvenir d’une pierre chaude pour se rappeler le village accroché à sa crique, loin du tumulte, intact. Qui sait alors si le voyage ne vous attend pas encore, quelque part, de l’autre côté de l’eau ?


